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Retrouvez le témoignage d'un futur adhérent

 

J.BART.jpg     Voici le témoignage de Jean Bart, futur adhérent et propriétaire d’une ferme de montagne non loin de Bonnac-Irazein, dans la vallée de l’Orle

 

 « La nature a toujours été mon oxygène, mon environnement et même si je la caresse du regard, je ne vis pas à côté d’elle mais dans elle, avec elle. J’en fais partie, avec modestie, qui me fait la respecter et par laquelle je me sens tellement petit.

 

Etant à la recherche d’une petite maison avec un peu de terre, un ami me dit un jour : « tu devrais écrire à cette adresse, je crois que le propriétaire veut vendre un bien qu’il détient à la montagne »

Je vous passerais tous les détails précédents l’envoi de mon courrier…et je vins, par un jour d’automne, frapper à la porte. A 25 ans, j’étais un peu timide.

-« Bonjour monsieur, je viens pour visiter votre propriété.

-Trop tard, elle est vendue… »

Et la porte se referma.

Déception. Je ne saurais dire ce que j’ai ressenti à cet instant surtout dans le cœur et dans le ventre, et je retournais dans la voiture.

Puis tout à coup, cette irrésistible envie de revenir sur mes pas, de frapper à nouveau contre cette porte qui s’était refermée sur moi sans plus rien dire. En déclinant une seconde fois mon identité avec une voix plus forte et plus ferme : « -Mais c’est moi qui vous ai écris cette semaine ! -ah, dit-il, entrez alors ! » Le destin venait de virer casaque.

 

La première rencontre avec la « maison » fut par un chemin encombré d’arbres, de noisetiers, épines noires et surtout les ronces qui avaient envahi l’accès : nous frayer un passage avait nécessité de longs efforts. Enfin la maison. Elle était jolie. Devant un gros pommier, des sureaux, un cerisier, une haie de grands frênes et dans cet univers de forêt vierge, on se demandait ce qu’elle pouvait y bien faire. On sentait bien qu’elle avait un grand vécu…mais elle était devenue vieille, fatiguée et surtout triste, esseulée, presque sans vie. Elle gardait le silence en ces bois naissants, comme s’ils voulaient la mettre dans un écrin, afin de conserver ses secrets pour la protéger, la cacher.

Chaque fin de semaine, nous venions voir la maison…elle était en train de nous apprivoiser.

6 mois passèrent et nous devînmes propriétaires. Puis 2 années plus tard, nous fîmes l’acquisition des 2 autres maisons contigües.

 

Située à mi-chemin entre les stations de ski de Super-Bagnère et de Guzet-neige, la vallée d’Orle, axée perpendiculairement à la chaine des Pyrénées et au Val d’Aran espagnol, s’entoure du Pic du Crabère 2630 m, du Pic de Maubermé 2880 m, du Pic de Barlonguère 2802 m et du Mont Valier 2838 m.

Vallée sauvage aux pentes abruptes, elle mène au port du même nom. Autrefois, passage très fréquenté pour le commerce avec l’Espagne, elle est maintenant traversée par le GR10.

 

Après un tracé de route se frayant un passage dans la roche ferrugineuse, où l’hiver, le rocher ressemble à de grandes orgues de glace, multitude de stalactites aux couleurs pastelles transparentes à jaune orangé. Dernier virage important de la vallée et on entre dans l’image, on devient acteur dans le paysage, on se sent tout à coup attiré, aspiré, entouré, faisant parti du tableau vivant de maître qui se dessine autour de soi.

 

Attention ! Vous pouvez tout à coup voir surgir sanglier, chevreuil, biche, cerf, renard, martre, blaireau et si vous avez l’œil affuté, distinguer l’isard statufié. Ou planant haut dans le ciel azur, admirer le vol des différents aigles, vautours et autres gypaètes barbus.

En contre bas de la route qui se termine en cul de sac, taquinant la truite dans le scintillement de ses cent mille lumières, le torrent charrie ses flots effrénés de dentelles blanches, comme un trop plein de vie à vouloir déverser, partager.

Dans la continuité de la route, longeant ces flots écumants, s’amenuisant au fil de l’ascension, le sentier : une invitation à grimper sur les sommets. Au pied du sentier : « AUTET », havre de paix dans un environnement sauvage. Au début du 17e siècle, AUTET apparait sur les cartes cadastrales. La maison du gîte est la première à être construite, placée sur un axe est-ouest. Viendront plus tard s’y accoler :

- côté sud, surmontant un petit local qui servait de poulailler ou de remise à cochon, la pièce du four à pain et son grenier

- côté nord, une maison puis une autre à la suite.

 

Il, est à noter que ce sont 3 petites maisons très simples, traditionnelles de la vallée, construites chacune sur un même principe, une pièce de plain pied servant de débarras, et au dessus d’un plancher de bois, une pièce principale de vie surmontée d’un grenier.

Les derniers habitants avant notre acquisition en 1975 furent des gens très sobres de ressources, qui vécurent d’un peu d’agriculture et d’élevage.

La première maison, celle du gîte, fût l’habitat d’une personne qui vécut seule sa vie de femme.

La deuxième maison, celle du milieu, fut la maison d’un homme qui pour la petite histoire prit pour femme la plus forte des 2 jeunes filles qu’il fit combattre.

Enfin la troisième maison, celle du bout, fût celle d’un braconnier délaissant souvent sa demeure qui fut plus son refuge que sa maison, pour arpenter la montagne qu’il connaissait comme sa poche, y chassant l’isard dont il « tirait » la majorité de ses revenus ;

3 maisons en une, 3 histoires différentes, mais toutes avec le même lien, la montagne avec la rudesse d’y vivre, la montagne-mère aussi, celle qui élève, nourrit, celle qui émerveille, fait vivre, celle qu’on aime, qu’on adore, celle qui fait frémir, rêver, celle qui berce, apaise et combien d’autres mots encore, mais d’écrire ou de lire, il ne sert moins que de vivre.

 

Comme dans les rêves, le Destin emploie tous les moyens pour parvenir à ses fins. Depuis longtemps, j’ai compris qu’il était vain de lutter contre lui. Aussi, je le laisse me guider sur le chemin…qui m’a conduit un jour à observer une petite fille recroquevillée malgré le mauvais temps, froid, vent et pluie, devant le grillage qui la séparait des moutons dans le pré. Elle leur parlait du matin jusqu’au soir et ses parents avaient toutes les difficultés à la sortir de son monde au moment des repas.

Cette image m’a ému, presque bouleversé, en me disant qu’il y avait des gens qui éprouvaient vraiment du besoin à ce contact. A partir de cet instant, ma résolution fut de vouloir créer un gîte : partager, échanger, faire connaître, donner les moyens pour que s’expriment les émotions, le ressenti, faire naître la réflexion, offrir enfin à ceux dont la chance est ailleurs cette nature généreuse, bercés par le rêve et la quiétude. Qu’ils viennent quérir ce dont ils ont besoin, histoires, balades, nature, silence ou paix ! Et qu’ils repartent revigorés par leur séjour !

 

Faire rêver sur le passé, conter les légendes, raconter l’Histoire, les anecdotes en essayant de n’en oublier aucune afin que les gens sachent. Continuer « à faire vivre » cette vallée et l’âme de cette maison qui a su traverser les tempêtes et les siècles, se transformer au fil du temps et en fonction des besoins et qui a une telle force en elle, où vous vous sentez bien, à l’abri et protégé.

Protégé entre ses murs de pierres où chacune d’entre elles a été posée bien à sa place, bien calée avec la terre servant de liant, où l’amour du travail bien fait s’est perpétué au fil des ans jusqu’à nos jours et où de regarder ces chefs-d’œuvre d’assemblages dont, s’ils n’étaient pas de pierres, vous deviendriez amant…

 

Un grand merci au Conseil Régional de Midi-Pyrénées, au Conseil Général de l’Ariège, au CAUE, aux Gîtes de France pour leur accompagnement : des équipes merveilleuses en professionnalisme, en gentillesse et… en patience. Et à tous les lecteurs, bonnes locations ! »

 

Jean BART

05.61.96.13.70

 


 

Pour ajouter à la convivialité, voici la recette d’un petit plat dont je régale mes amis d’ici et d’ailleurs :

 

PUREE DE POIS CASSES à ma façon

 

Pour 4 personnes :

 

320 g de pois cassés, 1 gousse d’ail, 1 petit oignon, 1 clou de girofle, 1 poireau, 400 g de saucisses de Toulouse, 300 g de pommes de terre, 40 g de crème fraiche, 100 g de lardons fumés.

 

- Laver les pois et faites les cuire avec la gousse d’ail hachée, l’oignon piqué d’1 clou de girofle et le poireau émincé en recouvrant d’eau

 

- Au bout de 30 mn de cuisson, ajouter les pommes de terre cuites à l’eau

 

- Enlever l’excès de liquide et l’oignon et passer à la moulinette. Ajouter la crème fraiche et les lardons frits

 

- Faire griller la saucisse au feu de bois et disposer des tronçons sur la purée

 

BON APPETIT !

 

 

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